dimanche 1 mai 2011

La septième vague, Daniel Glattauer, Grasset


Après Quand souffle le vent du Nord, des lecteurs étaient restés sur leur faim. Glattauer a donc remis le couvert, pour permettre à Léo et Emmy de se retrouver face à leurs ordinateurs respectifs. Lui revient de quelques mois passés à Boston, où il a rencontré une certaine « Pam ». Elle est toujours dans une situation monotone avec son mari. Alors, vont-ils enfin se rencontrer ?
Si les premiers échanges ne permettent guère l’enthousiasme, nous sommes tout de même vite repris par le jeu verbal subtil des protagonistes, qui enfin vont se voir (je ne révèle pas grand chose en le disant).
Ce roman se lit toujours avec plaisir, mais il n’a bien sûr plus le goût de la découverte du premier volet, qui selon moi était satisfaisant (pour une fois que tout ne se finissait pas dans un monde de Bisounours !)

Ne t’inquiète pas pour moi, Alice Kuipers, LGF


Un mini roman qui se lit si vite, comme ces post-it collés sur un frigo que s’échangent une mère et sa fille, dont les vies mutuelles ne permettent guère la rencontre. C’est par ces échanges que nous découvrons des bribes de leur existence, et que Claire, 15 ans, apprend la maladie de sa maman.
Les petits papiers, s’ils paraissent impersonnels, vont pourtant se révéler être d’une extrême importance, puisqu’ils permettent à la mère et la fille de poser des questions qu’elles n’oseraient oralement. Ce qui leur offrira la chance de mieux se connaître, dans les méandres du cancer du sein.
Si simple, si vite lu, et pourtant très intense !

Métamorphose en bord de ciel, Mathias Malzieu, Flammarion


Tom « Hématome » Cloudman, depuis sa plus tendre enfance, rêve de voler. Il se soumet ainsi inévitablement à un nombre incalculable de chutes, jusqu’à en faire son métier. De village en village, accompagné de son cercueil à roulettes, il multiplie les acrobaties, sans craindre les blessures.
Mais voici que, lors d’un passage à l’hôpital, on lui détecte une « betterave » dans le corps. De quoi le clouer au lit. Tom va devoir multiplier les ruses pour inspirer un bol de liberté. Ainsi se retrouve-t-il un soir sur le toit de l’hôpital, face à une splendide « femmoiselle » qui lui propose une métamorphose en oiseau pour sauver sa vie, au péril de la vie humaine.
Une parabole de la maladie remplie de métaphores, de créativité et de charme. On entre ou pas dans l’univers du chanteur de Dionysos. Je m’y suis faufilée avec entrain ! Avec pour ambition de lire ses autres romans, tant cet univers à la Tim Burton diffère dans le champ littéraire.

Incendie, film de Denis Villeneuve


Des jumeaux, garçon et fille, assistent chez le notaire à l’ouverture des lettres que leur mère leur a écrites juste avant sa mort. Elle y demande, à sa fille, de retrouver son père. A son fils, de retrouver son frère. Le premier, ils le pensaient mort. Le deuxième, ils en ignoraient l’existence.
Voici nos deux Québécois en chemin vers les terres palestiniennes pour y découvrir, en plus d’un lourd secret, la vie de leur mère. Celle dont, en fait, ils ignoraient tout, celle qui vécut avant leur naissance.
Inspiré de la pièce de théâtre éponyme, ce film est une merveille. Accompagné par une BO de Radiohead qui, dès les premières secondes, vous embobine (You and Whose Army). Un coup de cœur, on en tremble.

mercredi 27 avril 2011

Chevalier de l'ordre du mérite, Sylvie Testud, Fayard


Le nouveau roman de Sylvie Testud est arrivé ! Parce qu’en effet, c’est son quatrième, tout de même. Un style qui mérite d’être découvert, entre autodérision, cynisme et réalisme.
L’héroïne, Sibylle, « bourreau de travail », est à la recherche d’une femme de ménage parfaite (aussi méticuleuse qu’elle) pour sauver l’harmonie de son couple (comprenez : un homme qui laisse traîner se affaires de sport dans le hall d’entrée ou frotte l’évier avec le mauvais côté du chiffon, c’est psychologiquement insupportable et physiquement éreintant : il faut tout refaire à sa suite !) Que faire quand elle découvre LA perle, mais que celle-ci n’a pas de papiers ? Pour vivre éthiquement correctement, jusqu’où Sibylle est-elle prête à aller ?
Drôle, comme ses autres romans, Chevalier de l’ordre du mérite n’est pourtant pas mon préféré, certains passages méritent d’être passés ; je conseillerais davantage Il n’y a pas d’étoiles ce soir, qui la met directement en scène. Mais un bon moment tout de même.

dimanche 27 mars 2011

Bernard, David Foenkinos, Les éditions du moteur


Je continue avec Foenkinos, encore (objectif : tout lire de lui !), avec ce mini récit qui relate les malheurs de Bernard, cinquantenaire qui va « voir ailleurs » pour rompre la monotonie de son couple. Mais voilà que la maîtresse exige davantage, met l’épouse au courant. Epouse qui pardonne (psychologue…). Mais la maîtresse est au courant des manigances financières de Bernard, les dévoile : C4 et divorce s’enchaînent, et voilà Bernard contraint de retourner vivre chez ses parents… De désespoir en prise de conscience, l’avenir sera finalement positif pour Bernard. Trop?
Un petit Foenkinos sympa, mais rien d’excellentissime (dur dur, quand on a lu la Délicatesse…)

Arthur et moi, Emmanuel Arnaud, Métaillé


Poésie, poésie ! Un roman dans lequel un ado se transforme grâce à la plume de Rimbaud, ça a tout pour plaire à une romaniste… vraiment ?
Voici donc une tranche de vie d’un ado qui, au hasard de ses lectures, va découvrir Rimbaud, être subjugué par ses Illuminations, va même comprendre -du moins ressentir- ce que le poète exprime (on l’envie !) Etre bouleversé. Il s’aperçoit que partout, si on le désire, il y a la beauté.
Désormais, il se sent forcément différent des autres ados de son âge, et va se révéler au cours de français, lorsque chaque élève doit apprendre par cœur un poème d’Arthur. Notre lycéen connaît déjà tout sur le bout du cœur, et va s’illustrer en « traduisant » en version moderne le poème H, puis les autres, de manière à permettre à ses condisciples de comprendre eux aussi la quintessence des poésies de Rimbaud…
L’idée est sympa. Un peu poussée, et sans trop de consistance alentour. Du chocolat au lait sans prétention.