dimanche 1 mai 2011

Les mains rouges, J.C. Grondhal, Folio


Le narrateur, la vingtaine, travaille à la consigne d’une gare danoise en tant qu’étudiant. Il y rencontre une jeune fille énigmatique qui lui demande de garder les clés de son casier pendant quelques jours. Quand elle revient, elle lui demande un logement "pour quelques temps". Ce délai passé, elle disparaît.
Quinze ans plus tard, ils se croisent. L’anecdote devient alors l’histoire d’une vie, histoire qui se mêle à l’Histoire. Nous découvrons le passé de cette jeune femme qui a courtisé – sans le vouloir ?- avec les groupes armés communistes dans l’Allemagne des années 70.
Bien écrit, comportant des questions intéressantes, ce roman ne restera cependant pas longtemps dans ma mémoire. Mais auteur à lire dans d’autres récits, je pense.

Tous les trois, Gaël Brunet, La Brune


Un premier roman magnifique. Et pourtant, quel sujet tragique : le narrateur vient de perdre son épouse. Un accident de voiture fait ainsi de lui un veuf et un père bien seul pour affronter les questions et le quotidien avec ses petits Jean et Louise (4 et 3 ans). Mais c’est sans pathos, en simplicité – et émotion, inévitablement – que ce texte est écrit. Et nous nous attachons à ce père et à ses enfants, dont la naïveté rend la vie parfois plus légère, parfois plus cruelle. Un père qui a décidé qu’il ne restait que le meilleur à vivre, puisque le pire, il est derrière eux.
Très beau !

Un jour, Morris Gleitzman, Les Grandes Personnes


Attention petit chef d’œuvre!!! Destiné à un public adolescent, ce roman convient tout autant aux adultes…
Félix a dix ans et vit dans un orphelinat catholique(il est juif) en ces années de guerre en Pologne. Il attend avec impatience que ses parents libraires reviennent le chercher, mais chut, les autres enfants ignorent que ses parents à lui sont vivants.
Toutefois, la patience de Félix prend fin le fameux jour de la carotte : il y voit un signe, c’est à lui d’aller à la rencontre de ses parents. Félix fuit et s’aventure alors dans la Pologne nazie, ignorant tout de la situation réelle, mais prêt à tout pour retrouver ses parents adorés. Le chemin de la prise de conscience commence, et sur celui-ci des rencontres cruciales.
On ne peut s’empêcher de songer au film « La vie est belle » en lisant ces pages tout à tour drôles et très émouvantes. Sourire aux lèvres et cœur très serré garantis ! Une merveille !

Berlin sous la Baltique, Hugo Hamilton, Phébus libretto


Texte étrange que j’ai découvert là, un texte que j'aime mais très discret.
C'est le récit d’Helen, jeune irlandaise qui débarque à Berlin pour tenter de retrouver celui qui sera le père de l’enfant qu’elle porte. Et qui l’ignore. Helen va être accueillie par un couple peu commun: l’homme est musicien, la femme son imprésario… une de ces femmes qui impose et s’impose, occasionnant de fréquentes et cinglantes disputes! C’est ainsi que la narrateur, éclairagiste et ami du musicien, rencontre sa compatriote irlandaise. L’apprécie. L’aide… un peu. Car tant qu’on ne retrouve pas le père, il pourra se porter garant du bien-être de la jeune fille, qu’il accueille finalement chez lui, pour finalement dormir dans le même lit.
Le style est fin, beau. De très belles réflexions nous sont offertes. Il manque peut-être toutefois un petit quelque chose à cette histoire, un peu d'énergie? Mais je relirai du Hugo Hamilton, qui a le sens dela formule.
Et retiendrai que « contre l’imagination, point de loi ».

Une chance sur un million, Durán et Giner Bou, Dargaud


Le scénario: un couple qui accueille son premier enfant. Mais quelques heures à peine après sa naissance, la petite a des convulsions. Des déficiences cérébrales graves sont repérées. C’est un parcours du combattant dans lequel s'engagent alors les parents : angoisses, interrogations quant à l’avenir, découragement… mais tant d’amour, aussi. Plus encore ?
Cette BD est magnifique, et même si je n’adore pas le graphisme, il est parfait pour rendre les états d’esprit des parents, « liquéfiés » ou totalement noircis selon les phases. Quelle force!

Célibataires, David Foenkinos, Flammarion


Je mentionne juste au passage que j’ai lu cette pièce de théâtre de Foenkinos : deux célibataires, un homme et une femme, collègues dans une agence matrimoniale. Quand les clients brillent par leur absence, ils se mettent à évoquer leurs amours… réciproques ?
Et comme (trop ?) souvent chez Foenkinos : les débuts amoureux sont merveilleux… et les suites (et fins) truffées de difficultés !
Non mémorable.

Entre Dieu et moi, c’est fini, Katarina Mazetti, Babel


Je découvre l’auteur avec ce roman (non, je n’ai pas lu Le mec de la tombe d’à côté), chronique d’une année avec Linnéa, ado suédoise qui a du fil à retordre avec sa grande taille, les garçons qu’elle aime qui ne la regardent pas, celui qu’elle n’aime pas qui la regarde, et surtout, surtout, avec Pia.
Pia, sa meilleure amie, celle en qui elle avait confiance, celle qui la rassurait, celle qui faisait tomber tous les garçons à ses pieds. Celle qui est morte. Et ça, Linnéa n’est pas encore prête à lui pardonner.
Joli texte, sensible. Car si on ressent les révoltes et les idées parfois idiotes des ados, on a ici affaire à une demoiselle qui adore son petit frère avec qui elle veut vivre toute sa vie, qui aime sa mère et sa grand-mère. Le père, on repassera, mais c’est de sa faute à lui.
Et ça fait du bien, les bons sentiments... C’est à la fois léger et dur. Parfait pour les ados, et nous !