lundi 16 janvier 2012

Parle-leur de batailles, de rois et d'éléphants, Mathias Enard


Le Goncourt des Lycéens 2010 se trouvait dans une librairie d'occasion à Boston! Je n'ai pas résisté!
Les quelques mois que Michel Ange a passé à Istambul sont racontés dans une langue magnifique par Mathias Enard. D'ailleurs, c'est pour moi l'intérêt principal de ce roman. Je n'ai pas été complètement emballée par l'histoire -bien qu'intéressante -, mais, la plume! Poétique, elle transmet l'envie de découvrir ces lieux tant magnifiés, des réflexions justes, un ton sans fioriture... Un auteur que je souhaite relire encore pour tout cela!

La mer noire, Kéthévane Davrichewy


On m'en avait dit beaucoup de bien, de ce récit d'une dame qui fête ces 80 ans et en profite pour revisiter ses souvenirs d'enfance, de la Géorgie où elle est née à la France où sa famille a fui.
J'ai apprécié la justesse du ton, les sauts dans le temps, la découverte d'un univers qui m'est totalement inconnu (la Géorgie). Je n'en suis pas sortie bouleversée, mais ce roman tout de même se savoure, plein de tendresse pour l'héroïne. Et toutes ces choses qui se cachent derrière des rides.

Flétrissure, Nele Neuhaus


Des nonagénaires assassinés: peu habituel! Pourquoi mettre fin de cette manière à des jours déjà bien entamés?
C'est ce que notre inspecteur va tenter de découvrir, plongeant pour cela dans les tréfonds d'une famille riche et (donc) puissante de Franckfort. Secrets de famille, mensonges et faux-semblants sur fond historique se mêlent pour former une intrigue qui tient la route et qui s'apprécie. On est pris, on veut savoir, d'autant que les policiers sont attachants. Un bon policier, vraiment! Et une couverture très parlante au passage!

Malavita, Tonino Benacquista


Une famille américaine débarque dans un bled français, la question est: pourquoi? Et bien parce que le père n'est autre qu'un mafioso qui a trahi, autant dire que sa peau vaut cher, et qu'à ce prix, mieux vaut se fondre dans l'anonymat le plus profond. Mais quand on a une fille qui attire tous les regards (Belle, ben tiens), un fils qui ne peut s'empêcher de jouer les meneurs et qu'on s'attire comme un aimant les mésaventures, au revoir la discrétion!
Sur des airs burlesques, ce roman drôle et trépidant à la fois m'a vraiment fait bonne impression! Un jour viendra où je lirai "Malavita, encore"!

Le lent sourire, Caterina Bonvecini


D'un côté, une jeune trentenaire dont la meilleure amie est atteinte d'une maladie incurable.
De l'autre, un homme âgé dont la jeune compagne (la trentaine), est atteinte d'une maladie incurable.

Deux personnalités face à une douleur semblable, celle de se retrouver seuls, celle de ne pouvoir partager ce dernier souffle avec leurs aimés.
Deux aspects d'un traumatisme, très différents, qui rendent ce roman magnifique, très triste, disons-le, sans sombrer dans le pathos ou les clichés.
J'ai particulièrement été séduite par le personnage de Clara, sa simplicité, alors que Ben est un homme exécrable et hautain... mais ces différences servent le roman. Très beau ... mais préparez les mouchoirs

Les souvenirs, David Foenkinos


Je suis une inconditionnelle de Foenkinos, même si avec le temps l'engouement s'apaise. Son dernier roman, dédié à un grand-père auquel il regrette de n'avoir pas dit qu'il l'aimait, narre dans une semi-autofiction les boires et déboires amoureux d'un trentenaire en mal d'inspiration, ses relations familiales (une grand-mère que l'on "place" en maison de repos, des parents qui se déchirent), le tout scandé par un souvenir de chaque personne croisée.

Autant j'aime ces souvenirs parsemés, autant l'aspect autofictionnel m'agaçe légèrement. Un brin d'apitoiement sur son sort m'a agacée... donc même si j'ai lu le récit avec plaisir, je ne parlerai pas de coup de coeur cette fois, d'autant qu'ayant lu presque tous ses romans, je commence à me lasser du style et des thèmes redondants. Lad déception n'est pas totale, mais... j'attendais mieux, David!!

Hanif Kureishi: Black Album et Le Bouddha de banlieue


Conseillés par une amie, j'ai lu ces deux romans avec plaisir, sans toutefois parler de coups de coeur. Dans les deux cas, l'histoire d'un jeune homme d'origine pakistanaise élevé dans la banlieue londonnienne, et une foule de réflexions très actuelles.

Dans Le Bouddha de banlieue, le garçon rentre dans une phase de perte d'idéalisme, notamment vis à vis de son père tant aimé qui quitte mère et enfants pour vivre avec une dame portée sur le zen. Perte d'idéalisme et recherche d'identité amoureuse, cela fait beaucoup à la fois quand en plus on est considéré comme un "paki" sans avoir jamais mis les pieds dans ce pays...

Dans Black Album, le jeune homme étudie à l'université, et au fil des rencontres, se perd. Entre les "amis" musulmans extrémistes, des amours adultères avec une prof et un frère envahissant, le héros vascille et dérive, top désire"ux de "prouver des choses".

L'entrée dans l'âge adulte, les relations humaines, les convictions, l'extrémisme religieux, le racisme, la confiance, la foi... autant de thèmes abordés de manière très juste... et donc complexe!