mardi 17 janvier 2012

Le soleil des Scorta, Laurent Gaudé


J'avais lu Ouragan et Eldorado avec un immense plaisir, c'est donc déjà séduite que j'ouvrais ce roman (et en plus en Babel, j'adore!)
Dans l'Italie du début des années 1900, dans un petit village qui dort sous un soleil de plomb, va naître la lignée des Scorta, dès le départ vouée à la malédiction, puisqu'engendrée du viol et du péché. Le temps va ainsi faire ses oeuvres en mettant au monde des enfants qui n'ont d'autre choix que la solidarité fraternelle et la force de caractère pour affronter les "qu'en dira-t-on" meurtriers des villageois et conserver leurs secrets les plus douloureux.

Gaudé maîtrise l'art du tragique. Avec finesse, dans une langue savoureuse et puissante, il est un Sophocle moderne. On ne rit pas avec lui, c'est évident, mais quel talent! Quelle langue impeccable, quel envoûtement. Donc oui, j'ai aimé, et pourtant moins peut-être qu'Ouragan (l'effet du "premier"?)

Un prix Goncourt 2004 mérité!

Mangez-moi, Agnès Desarthe


Myriam décide d'ouvrir un restaurant. Ce qu'on sait d'elle, c'est qu'elle a vécu des événements douloureux et qu'elle part de rien. Pas d'argent, juste une motivation un peu folle d'avoir son propre resto, puisque la cuisine est sa passion.
Grâce à son obstination (toutefois secondée par des phases de découragement) et à des rencontres, son projet va se fortifier, de même que cette dame qui peu à peu se livre, et se délivre de son passé.

Le roman se lit agréablement, mais le personnage me déplaisait assez au départ, puis on s'attache tpout de même... probablement un effet désiré? Les amateurs de cuisine y trouveront leur compte dans l'étalage des recettes... pour ma part, l'anti-cuisinière par excellence, l'éloge des salades ne m'a pas passionnée... J'ai lu, je sais que ça peut être apprécié, bien plus que je ne l'ai fait - pure affinité personnelle.

lundi 16 janvier 2012

Grâce et dénuement, Alice Ferney


Une famille de gitans a planté ses caravanes en France, et vit au jour le jour, avec les moyens du bord et aidées par le vol. Des enfants, qui pullulent, des maris, qui ne font rien de leur temps, des femmes, qui sont toujours de corvée, et la grand-mère, la sagesse qui règne sur son petit monde, entre bon sens et rentre dedans.
Un jour arrive une bibliothécaire idéaliste, qui décide de venir chaque mercredi lire des histoires aux enfants, pour leur permettre un accès à la culture. Peu à peu, en même temps que son combat prend de l'ampleur (elle tente de scolariser les enfants les plus âgés), un lien se crée avec les gitans, et les confidences suivent...
Un beau roman qui ne laisse pas le mièvre ou les gros bons sentiments s'étaler, puisque la vie est là, et parfois son contraire. Très beau, lumineux! Comme ce titre parfait.

Parle-leur de batailles, de rois et d'éléphants, Mathias Enard


Le Goncourt des Lycéens 2010 se trouvait dans une librairie d'occasion à Boston! Je n'ai pas résisté!
Les quelques mois que Michel Ange a passé à Istambul sont racontés dans une langue magnifique par Mathias Enard. D'ailleurs, c'est pour moi l'intérêt principal de ce roman. Je n'ai pas été complètement emballée par l'histoire -bien qu'intéressante -, mais, la plume! Poétique, elle transmet l'envie de découvrir ces lieux tant magnifiés, des réflexions justes, un ton sans fioriture... Un auteur que je souhaite relire encore pour tout cela!

La mer noire, Kéthévane Davrichewy


On m'en avait dit beaucoup de bien, de ce récit d'une dame qui fête ces 80 ans et en profite pour revisiter ses souvenirs d'enfance, de la Géorgie où elle est née à la France où sa famille a fui.
J'ai apprécié la justesse du ton, les sauts dans le temps, la découverte d'un univers qui m'est totalement inconnu (la Géorgie). Je n'en suis pas sortie bouleversée, mais ce roman tout de même se savoure, plein de tendresse pour l'héroïne. Et toutes ces choses qui se cachent derrière des rides.

Flétrissure, Nele Neuhaus


Des nonagénaires assassinés: peu habituel! Pourquoi mettre fin de cette manière à des jours déjà bien entamés?
C'est ce que notre inspecteur va tenter de découvrir, plongeant pour cela dans les tréfonds d'une famille riche et (donc) puissante de Franckfort. Secrets de famille, mensonges et faux-semblants sur fond historique se mêlent pour former une intrigue qui tient la route et qui s'apprécie. On est pris, on veut savoir, d'autant que les policiers sont attachants. Un bon policier, vraiment! Et une couverture très parlante au passage!

Malavita, Tonino Benacquista


Une famille américaine débarque dans un bled français, la question est: pourquoi? Et bien parce que le père n'est autre qu'un mafioso qui a trahi, autant dire que sa peau vaut cher, et qu'à ce prix, mieux vaut se fondre dans l'anonymat le plus profond. Mais quand on a une fille qui attire tous les regards (Belle, ben tiens), un fils qui ne peut s'empêcher de jouer les meneurs et qu'on s'attire comme un aimant les mésaventures, au revoir la discrétion!
Sur des airs burlesques, ce roman drôle et trépidant à la fois m'a vraiment fait bonne impression! Un jour viendra où je lirai "Malavita, encore"!