mercredi 27 avril 2011

Chevalier de l'ordre du mérite, Sylvie Testud, Fayard


Le nouveau roman de Sylvie Testud est arrivé ! Parce qu’en effet, c’est son quatrième, tout de même. Un style qui mérite d’être découvert, entre autodérision, cynisme et réalisme.
L’héroïne, Sibylle, « bourreau de travail », est à la recherche d’une femme de ménage parfaite (aussi méticuleuse qu’elle) pour sauver l’harmonie de son couple (comprenez : un homme qui laisse traîner se affaires de sport dans le hall d’entrée ou frotte l’évier avec le mauvais côté du chiffon, c’est psychologiquement insupportable et physiquement éreintant : il faut tout refaire à sa suite !) Que faire quand elle découvre LA perle, mais que celle-ci n’a pas de papiers ? Pour vivre éthiquement correctement, jusqu’où Sibylle est-elle prête à aller ?
Drôle, comme ses autres romans, Chevalier de l’ordre du mérite n’est pourtant pas mon préféré, certains passages méritent d’être passés ; je conseillerais davantage Il n’y a pas d’étoiles ce soir, qui la met directement en scène. Mais un bon moment tout de même.

dimanche 27 mars 2011

Bernard, David Foenkinos, Les éditions du moteur


Je continue avec Foenkinos, encore (objectif : tout lire de lui !), avec ce mini récit qui relate les malheurs de Bernard, cinquantenaire qui va « voir ailleurs » pour rompre la monotonie de son couple. Mais voilà que la maîtresse exige davantage, met l’épouse au courant. Epouse qui pardonne (psychologue…). Mais la maîtresse est au courant des manigances financières de Bernard, les dévoile : C4 et divorce s’enchaînent, et voilà Bernard contraint de retourner vivre chez ses parents… De désespoir en prise de conscience, l’avenir sera finalement positif pour Bernard. Trop?
Un petit Foenkinos sympa, mais rien d’excellentissime (dur dur, quand on a lu la Délicatesse…)

Arthur et moi, Emmanuel Arnaud, Métaillé


Poésie, poésie ! Un roman dans lequel un ado se transforme grâce à la plume de Rimbaud, ça a tout pour plaire à une romaniste… vraiment ?
Voici donc une tranche de vie d’un ado qui, au hasard de ses lectures, va découvrir Rimbaud, être subjugué par ses Illuminations, va même comprendre -du moins ressentir- ce que le poète exprime (on l’envie !) Etre bouleversé. Il s’aperçoit que partout, si on le désire, il y a la beauté.
Désormais, il se sent forcément différent des autres ados de son âge, et va se révéler au cours de français, lorsque chaque élève doit apprendre par cœur un poème d’Arthur. Notre lycéen connaît déjà tout sur le bout du cœur, et va s’illustrer en « traduisant » en version moderne le poème H, puis les autres, de manière à permettre à ses condisciples de comprendre eux aussi la quintessence des poésies de Rimbaud…
L’idée est sympa. Un peu poussée, et sans trop de consistance alentour. Du chocolat au lait sans prétention.

mardi 22 février 2011

Les chaussures italiennes, H. Mankell, Points


Je n’avais jamais lu du Mankell, même pas en policier. Je le découvre avec ce roman dont on avait tant fait l’éloge lors de sa parution au Seuil. Je suis ravie !
Ces pages nous emmènent sur un ilot suédois paumé, habité depuis 12 ans par un type paumé, complètement solitaire. Mais un jour, déambulateur à l’appui, surgit Harriett, son grand amour de jeunesse qu’il a un jour quitté sans prévenir, fuyant des sentiments qui font peur.
Harriett n’a qu’une volonté : voir un lac dont il lui avait parlé. Prétexte, bien sûr, à d’autres découvertes. Celle des contacts humains qu’il avait oubliés, celle de l’envie de vivre qui l’avait presque quitté… et bien d’autres « choses » qu’il vaut mieux taire.
C’est fort, surprenant, et quels paysages en filigrane… Délice glacé !

lundi 14 février 2011

Little Big Bang, Benny Barbash, éd. Zulma


Le papa du narrateur veut perdre du poids: le régime pomme, le régime concombre, tout y passe, mais les kilos ne disparaissent pas… En désespoir de cause, il tente le régime « olives » conseillé par une célèbre nutritionniste.
Oui, mais voilà que pousse un olivier dans l’oreille du Juif….
Un style particulièrement ironique, une double lecture du texte (judaïsme, Israël/Palestine), des discussions virulentes (à qui aura raison) entre les différents membres de la famille… Convaincue !!
Un auteur (et des éditions, cf. Rosa Candida) à découvrir !!

dimanche 30 janvier 2011

La vie très privée de Mr. Sim, Jonathan Coe, Gallimard


Ce roman de la rentrée de janvier 2011 est à placer au rang des curiosités à ne pas manquer.
Ciblé sur le banal quadragénaire dépressif qu’est Maxwell Sim, ce roman psychologique se divise en chapitres comprenant chacun un récit intercalé – lettres, nouvelle, étude universitaire – qui joue un rôle prépondérant dans l’évolution de la santé mentale de notre narrateur.
De même, des rencontres inattendues, de celles qui modifient notre vision du monde, vont totalement bouleverser le quotidien de notre vendeur de brosses à dents.
Des questions se posent à répétition : Max est-il si seul quand il est suivi par les satellites via GPS ? Est-il vraiment entouré par 70 amis Facebook ? Notre vie nous appartient-elle ? Qui décide, nous ou les autres ?
Une fin très étonnante (on aime ou pas : c’est comme ça) achève ce récit vraiment intéressant au style très maitrisé (la narration de la course navale en solitaire par Cleaver est exquise).
Mieux que La pluie, avant qu’elle tombe, selon moi, un vrai régal, assortiment de pralines.

Une enfance australienne, Sonya Hartnett, J’ai lu


Adrian, neuf ans, est élevé par sa grand-mère, sa mère étant incapable de l’élever et son père ayant « mieux à faire ». Une grand-mère qui sature, alors que l’enfant est plus que sage.
Timide, surtout, maladivement. Et donc prêt à tout pour quiconque accepte de lui accorder de l’attention. Même à retrouver les enfants disparus là où ils ne sont pas.
La psychologie de l’enfance est très bien relatée dans ce roman. Par contre, est-ce un effet de traduction, le style n’est pas phénoménal, trop concis. Et puis les dernières pages…. Bien douloureuses.
J’ai apprécié, malgré tout. Sans exagération. Un chocolat au lait, avec une note un peu amère.