mercredi 27 juillet 2011

Le destin miraculeux d'Edgar Mint, Brady Udall, 10/18


Edgar est le fils d'une Indienne alcoolique et d'un Blanc qui s'est enfui dès l'annonce de la grossesse. Lorsqu'un facteur roule sur sa tête alors qu'il n'a que 7 ans, Edgar survit miraculeusement et passes de longs mois en convalescence à l'hopital, sans aucune visite extérieure. Toutefois, les liens qu'il va nouer avec d'autres malades et avec le médecin qui l'a sauvé lui apportent un semblant d'amitié.
Mais voilà, Edgar est guéri et il doit partir pour affronter la vie: le pensionnat et ses cruels pensionnaires marque la première étape de celle-ci.
Quel destin est-on amené à vivre quand on est un miraculé?

Ce roman est vraiment très bon. L'histoire est cruelle et tendre, le style intelligent, avec des changements de points de vue subtils. On s'attache totalement à ce cher Edgar et son amie la machine à écrire. Une vraie bonne histoire à dévorer!!!

vendredi 22 juillet 2011

Même les cow-girls ont du vague à l'âme, Tom Robbins, Gallmeister Totem


L'héroïne du roman, Sissy Hankshaw, est née avec deux énormes pouces! Loin de s'en plaindre, elle décide de devenir la plus grande auto-stoppeuse des Etats-Unis. Sur la route, elle va rencontrer divers personnages hauts en couleur: la Comtesse, un riche industiel en déodorants féminins; Julian, un artiste indien qui sera un temps son mari; le Dr Robbins, psychiatre farfelu. Et surtout, la troupe des cow-girls du ranch de la Rose de Caoutchouc, ainsi que leur protecteur, le Chinetoque!
De réflexions philosophioques en critiques de la société américaine, le tout constamment enveloppé d'ironie, ce roman m'a emballé... au début. Puis l'auteur part en tous sens, l'héroïne est fade et transparente, on se perd, on s'ennuye. De temps en temps la plume ou une réflexion de l'auteur (anti-normalité) nous réveille, mais....
Le coup de coeur auquel je m'attendais ne le fut finalement pas... Dommage!

dimanche 10 juillet 2011

Expiation, Ian McEwan, Folio


Briony, 13 ans, rêve de devenir écrivain. Son esprit est fait d'imagination et de curiosité. Quand elle aperçoit sa soeur Cecilia se disputer avec Robbie, le fils d'une employée de maison, sa naïveté et son imaginaire vont faire basculer cette journée en un drame aux conséquences désastreuses.
Il est indéniable que Mc Ewan est talentueux: son style est parfait, la psychologie des personnages aussi. La multiplication des points de vue sur l'intrigue enrichit cette dernière. La première et troisième parties sont agréables à la lecture.
Et pourtant j'avoue avoir eu un peu de mal. L'auteur prend peut-être trop son temps à mon goût? Ainsi, la deuxième partie m'a semblée looongue, et j'ai perçu l'épilogue comme étant trop "cliché", un peu "neu-neu" même. Ce n'est pas un inoubliable, donc. Et pourtant il a été élu meilleur livre de l'année 2001 et a été repris dans les 100 meilleurs romans de tous les temps d'après le Time... il a égalemnt été adapté sur grand écran sous le titre Reviens-moi. A voir!?

samedi 2 juillet 2011

La théorie des nuages, Stéphane Audeguy, Folio


Akira Kumo, couturier japonais exilé depuis longtemps en France, est un collectionneur gourmand. Sa dernière collection: les livres qui concernent les nuages... Pour ranger sa bibliothèque, il engage Virginie Latour, qui va avant tout devenir une oreille attentive aux récits d'Akira... récits concernant ces "chasseurs de nuages": le Quaker Luke Howard, le peintre Carmichael, et surtout, Richard Abercrombie et son mystérieux protocole...
L'idée est sympathique, les récits intercalés sont intéressants (concernant la météorologie avant tout), une bonne psychologie des personnages, mais.... long, trop long parfois, trop de détails qui me donnaient l'impression qu'Audeguy voulait faire preuve d'érudition avant tout, le tout dans un style trop sec. Et puis des passages qui personnellement me dérangent...
Bref, même s'il y a un aspect documentaire édifiant et des récits prenants, j'étais contente d'en avoir fini pour passer à autre chose, et je ne pense pas me pencher sur Audeguy à l'avenir...

dimanche 26 juin 2011

C'est ici que l'on se quitte, Jonathan Tropper, 10/18


Morton Foxman est mort. Sa dernière volonté: que femme et enfants célèbrent la Shiv'ah. Voici donc Madame Foxman et ses quatre enfants réunis pendant une semaine sous le toit de la maison familiale. Wendy est accompagnée de son businessman de mari etde leurs trois jeunes enfants; Paul de sa femme Alice, qui tente désespérement d'avoir un enfant; Judd, seul, est en pleine dépression après avoir surpris sa femme au lit avec son patron (à lui); quant au "petit dernier", Philipp, mâitre de l'inconstance, il débarque accompagné de sa nouvelle recrue.
Des souvenirs, des règlements de compte, des retrouvailles, des situations foireuses, ce roman est un vrai cocktail explosif, rempli de cynisme et d'humour (noir). Et l'on va de surprises en surprises, puisqu'après tout, on connait bien mal les gens qui nous entourent!
Un très chouette roman, un auteur US à découvrir!!!
(NB: interdit aux moins de 16 ans!)

jeudi 23 juin 2011

Bienvenue au club, Jonathan Coe, Folio


Mes lectures se suivent et se ressemblent un peu: quatre ados norvégiens, puis un type anglais, et maintenant des ados anglais! Cette fois, du ressort de Jonathan Coe, déjà fortement apprécié depuis les aventures de Mr. Sim (ainsi que La pluie, avant qu'elle tombe, beau roman mais pas un coup de coeur).

Ici, Coe nous invite dans le Birmingham des années septante. Nous découvrons une société où se mêlent révoltes des syndicats et violences de l'IRA. Le tout, à travers la vie de la famille Tropper: Lois, l'ainée aux rêves romantiques, Benjamin, l'apprenti écrivain timide si attachant, et Paul, l'horrible petit dernier mêle tout et manipulateur. Nous suivons aussi les amis de Benjamin (Philip, Doug, Sean, Steeve "Banania"), les parents de ceux-ci (loin d'être des anges...), et les filles qui les rendent fous (Claire, Ciceley, Emily).
Le grand talent de Coe réside dans son art de mêler différents types de récits. Nous passons d'un narrateur omniscient à une lettre, un journal intime, un discours, un article du journal de l'école (drôlissimes!), ... Chaque fois, la forme appuye le fond.
Le ton peut ainsi être sérieux, naïf, drôle... très drôle parfois! Je pense aux passages qui mettent en scène le professeur de dessin et Barbara... aux règlements de compte qui s'opèrent au sein du journal de l'école, aux fausses lettres envoyées par Sean...

Bref, on s'attache à ces personnages qui constituent une fresque parfaite, à suivre avec Le cercle fermé, la suite. J'adore Jonathan Coe!

samedi 18 juin 2011

Lennon, David Foenkinos, Plon


Foenkinos s'attaque à la biographie romancée pour nous offrir sa vision du mythe Lennon. Sous forme de séances chez le psy, nous nous retrouvons dans la peau de John, à la fin des années 70. De manère chronologique, on suit la difficile enfance du narrateur, la fascination maternelle, la création d'un groupe, la rencontre du petit Paul, les débuts sur des scènes provinciales, puis le vertige, les tournées, les femmes, Yoko, les amis, les tensions dans le groupe.
Le personnage n'est pas forcément attachant, mégalomane perverti à ses heures, et pourtant on ne peut s'empêcher de le soutenir!
Moi qui connais bien peu les Beatles, ça m'a permis d'en apprendre davantage. Le tout dans la veine de Foenkinos(et donc: j'adhère!) Exemples:

"Tous les écrivains portent des lunettes, et on croit que c'est parce qu'ils lisent beaucoup. Je suis convaincu du contraire. C'est parce qu'ils ne voient rien qu'ils développent les capacités nécessaires à l'écriture".

"Mais qu'y avait-il à dire? Il n'y avait pas de mot. J'avais rangé tous les dictionnaires pour être libre d'aimer."