lundi 10 octobre 2011

Enterrez-moi sous le carrelage, Pavel Sanaiev, 10-18


Sacha, 9 ans, a été "enlevé" à sa mère par une grand-mère possessive lorsqu'il avait 4 ans. Depuis, il partage le quotidien de cette grand-mère folle dingue et d'un grand-père dépité qui ne cesse de regretter son mariage et de fuir son abominable femme, Nina Antonovna.
Sous le prétexte que Sacha est malade et nécessite des soins particuliers, elle l'emmène de médecins en spécialistes et de cures en obligation de rester à la maison. Sacha ne connaît rien de la vie d'enfant, va rarement à l'école, et, terrorisé par sa grand-mère, il en vient même à insulter sa mère qu'il aime par peur des réprimandes et des insultes que celle-ci lui inflige au quotidien.
Haut en couleurs, parfois très drôle bien que dramatique, ce roman déniché à la bibliothèque de Brookline m'a fait passer un bon moment. Un récit que je verrais très bien joué en film, tant les personnages sont charismatiques! Sympathique découverte!

Le Monde selon Garp, John Irving, Points


Un cadeau de France comme je les aime! Et un très chouette cadeau.

Le monde selon Garp, c'est d'abord l'histoire de Jenny, une demoiselle qui n'a que faire des hommes, et qui décide d'avoir un bébé toute seule (ou presque). Il s'appellera Garp.
Garp grandit au sein d'une école dans laquelle sa maman est infirmière. Il y découvre le plaisir de la lutte (le sport) et y décide de devenir écrivain afin d'avoir la chance d'épouser un jour la fille dont il est amoureux.

Il écrira, il épousera sa bien-aimée, il aura des enfants... la vie suivra son cours, bonheurs et malheurs, et toujours sa mère qui devient une emblème du mouvement féministe.

Ce roman est en filigrane une critique de la mentalité US et du féminisme, un questionnement sur la fidélité, la paternité et toutes les angoisses qu'elle engendre...

Un très bon roman, rempli d'humour (cynique?) et de vérités. A recommander! ...et merci!

Diderot le génie débraillé, Sophie Chauveau, Folio


Trouvé dans les occasions en français du Harvard Bookstore, je l'ai acheté parce que j'avais déjà lu et apprécié la biographie romancée de De Vinci, écrite par le même auteur.
Cette fois, rencontre avec Diderot, des années adolescentes à sa mort. Un personnage dont on connaît l'importance au sein de l'Encyclopédie et les oeuvres (surtout quand on est romaniste et qu'on a passé 5 mois à l'étudier). Toutefois la prof laissait à désirer, j'ai appris de nombreuses choses sur le compte de Diderot (même si bien sûr Sophie Chauveau laisse aussi la place à l'imagination).
Très intéressant, donc, mais long et répétitif par instants... Cela dit, une auteur qui vaut la peine!

Ce qui a dévoré nos coeurs, Louise Erdrich, LGF


Une dame, lors d'un travail qui l'amène à recenser l'héritage matériel d'une famille, trouve un tambour dans la maison. Spécialiste de l'art indien, elle reconnaît immédiatement la valeur de celui-ci. Et le lecteur plonge alors dans l'histoire de cet objet ancestral.

Si ce récit est totalement envoutant et intéressant (histoire familiale d'une famille indienne qui connut de nombreux rebondissements), l'entrée dans le récit et les passages qui suivent notre contemporaine sont longs et agaçants. Difficile de s'attacher à ce personnage.

Bilan en demi-teinte, donc, à cause de ce début longuet, tandis que le coeur du livre se dévore!

mardi 9 août 2011

L'histoire de l'amour, Nicole Krauss, Folio


Le titre sent la guimauve, et pourtant il n'en est rien. Ce roman est une merveille!
L'histoire suit trois personnages: Leo Gursky, un vieillard bien conscient de la proximité de sa mort, qui voudrait rencontrer son fils, qui ignore son existence; Alma, adolescente orpheline de père qui voudrait tant que sa mère soit heureuse, qui voudrait taht pouvoir conserver les ténus souvenir qu'elle a de son père; Zvit Litvinoff, qui tente de se remémorer le passé...
Tous ont en commun des racines juives, et tous connaissent le roman intitulé "L'histoire de l'amour". C'est d'ailleurs ce roman qui va nous permettre de découvrir toutes ces "âmes" égarées, et de créer des liens.
Ce livre est un livre sur le pouvoir des livres! Qui ausculte les thèmes de la mémoire, du deuil, de l'amour (fou), de la solitude... des personnages plus qu'attachants (je pense égalemrnt à Bird, le frère d'Alma!), une fin magnifique... bref, on ne se remet pas si vite de cette lecture. Une merveille.

mardi 2 août 2011

Mes incontournables

Petit topo des romans que je conseille avidement, lus dans les deux dernières années:

Des auteurs:
Les romans de JM Erre, pour leur humour, leur originalité, les anti-clichés,...

Les romans de Foenkinos, pour leur poésie et leur simplicité. Avec la meilleure note accordée à La délicatesse.

Les romans de Jonathan Coe, à la psychologie maîtrisée et à l'humour grinçant.

Les romans de Tracy Chevalier, historiques romancés.

Des titres:
... belges: Leurs vies éclatantes, de Grégoire Polet; Le voyage de Luca, de JL Outers.

Les incontournables Piliers de la Terre de Ken Follett.

Les classiques Jane Eyre de Charlotte Brontë et Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur d'Harper Lee.

Les nordiques Rosa Candida (Olafsdottir), Chaussures italiennes (Mankell), L'art de pleurer en choeur (Jepsen) et Beatles (Christensen).

Les américains C'est ici que l'on se quitte (J. Tropper) et Le destin miraculeux d'Edgar Mint (B. Udall).

Et bien sûr, toutes les versions d'Antigone ou du mythe d'Oedipe :-)

L'ombre du vent, Carlos Ruiz Zafon, LGF


Daniel Sempere, 10 ans, orphelin de mère, est un jour amené par son père à choisir un livre parmi les dédales du "Cimetière des Livres Oubliés". Il choisira "L'ombre du vent", d'un certain Julián Carax: un véritable coup de foudre! Devenu un sympathique adolescent rêveur, Daniel va partir sur les traces de son auteur fétiche afin d'élucider tous les mystères qui l'entourent... jusqu'à mettre sa vie en péril. Amours et haines, mystères et suspense... tout est là pour nous faire tourner les pages et ne pas lâcher le récit. J'admets. J'avais très envie d'aimer ce livre, offert par ma merveilleuse collègue qui l'avait aimé, et pourtant...

J'ai trouvé le style trop surjoué, ampoulé: en effet, l'auteur accumule les métaphores poétiques à faire pleurer les violons, pêche son vocabulaire dans "le dictionnaire des mots oubliés", fait de l'humour parfois (pas très bon à mon goût)et surtout, il ne cesse de créer des situations invraisemblables... Pourquoi Daniel se met-il sur les traces de Carax avec tant de persévérance? Pourquoi lui suffit-il de parler deux secondes à un inconnu pour que celui-ci lui déballe sa vie entière jusque dans les moindres recoins?
J'ai même eu l'impression de lire un script pour feuilleton de l'été français au moment de certaines révélations... et puis la fin...
Bref, je suis désolée Mo, si j'ai vraiment été prise au jeu, je ne peux pourtant pas dire que j'ai aimé: trop de clichés à mon goût. :S
Le fait de lire du Erre simultanément n'a probablement pas aidé Zafon...